Rencontre autour du faire ensemble entre générations

À l’occasion de la Journée mondiale du bénévolat, S3A a souhaité consacrer cette édition à une question qui traverse aujourd’hui de nombreuses associations : comment faire vivre un bénévolat où toutes les générations trouvent leur place ?

Si cette réflexion revient de plus en plus souvent, c’est parce que le paysage du bénévolat évolue. Les 15-34 ans représentent désormais la tranche d’âge la plus engagée bénévolement, devant les plus de 65 ans qui occupaient cette place jusqu’en 2022.

Cette évolution s’explique notamment par plusieurs facteurs : les conséquences de la crise sanitaire, le recul de l’âge de départ à la retraite, l’évolution du rôle des grands-parents ou encore par une forme de fatigue bénévole chez certains seniors.

Ces changements nous invitent alors à repenser nos façons d’accueillir les bénévoles et de favoriser les coopérations entre générations.

Source : IFOP Les bénévoles en associations

Le bénévolat intergénérationnel : Qu’est-ce que c’est ?

De nombreuses structures proposent leur définition :

  • C’est développer des liens intergénérationnels par le bénévolat et au sein du bénévolat. – CESER
  • C’est toutes les générations qui s’impliquent ensemble et construisent du lien social. – France Bénévolat
  • C’est l’action de rassembler deux groupes d’âge différents qui peuvent tirer profit l’un de l’autre. – Chambre des communes du Canada

Pour S3A, le bénévolat intergénérationnel, c’est faire ensemble. C’est permettre à des jeunes et des personnes plus âgées d’agir côte à côte, de partager leurs expériences, leurs compétences et leurs points de vue, dans une relation où chacun apprend de l’autre.

Des témoignages pour ouvrir le dialogue

Pour lancer les échanges, nous avons réalisé une série d’interviews auprès de jeunes et de seniors.

À travers ces témoignages, chacun a pu s’exprimer sur :

  • les stéréotypes qu’il peut avoir envers les autres générations ;
  • les idées reçues dont il est lui-même victime ;
  • les avantages de travailler ensemble ;
  • les difficultés parfois rencontrées dans les projets associatifs.

Les associations présentes ont ainsi découvert ces paroles avant d’en débattre collectivement.

Le double portrait social : comprendre les représentations

Les interviews ont permis de dresser un double portrait social, mettant en lumière les représentations que chaque génération peut avoir de l’autre.

Sans chercher à désigner des responsables, cet exercice a permis de prendre du recul sur les clichés qui persistent encore aujourd’hui et de montrer qu’ils reposent souvent sur une méconnaissance réciproque.

Ces témoignages ont constitué un point de départ pour imaginer de nouvelles façons de travailler ensemble.

Écouter les témoignages

Quelques minutes d’écoute suffisent pour découvrir la diversité des expériences, des attentes et des envies exprimées par les jeunes comme par les seniors.

Les seniors parlent des jeunes

Les jeunes parlent des seniors

Faire ensemble : quels leviers ?

À partir des témoignages, les participants se sont réunis en tables rondes afin d’imaginer des solutions concrètes pour favoriser les coopérations entre générations.

Plusieurs pistes sont ressorties des échanges :

  • éviter de penser et de nommer systématiquement le « bénévolat intergénérationnel », mais plutôt créer des projets autour de thématiques qui parlent à plusieurs générations, afin que la rencontre se fasse naturellement ;
  • aller vers les lieux fréquentés par les jeunes (bars, concerts, campus, événements culturels) pour mieux faire connaître les associations et les opportunités d’engagement ;
  • proposer des missions ponctuelles, adaptées aux emplois du temps, avec un impact visible à court terme, afin de maintenir la motivation ;
  • développer des parcours d’accueil progressifs pour les nouveaux bénévoles, avec un véritable accompagnement par étapes plutôt qu’une intégration immédiate dans l’ensemble de la structure ;
  • mettre en place des systèmes de tutorat lors de l’arrivée d’un nouveau bénévole, pour faciliter la prise de repères et la transmission des pratiques ;
  • accueillir des groupes de jeunes au sein des associations, en leur laissant le temps de s’intégrer progressivement, sans forcer l’intergénérationnel ;
  • penser des partenariats avec des collectifs de jeunes plutôt que de chercher uniquement à les intégrer aux structures existantes, afin de construire des coopérations d’égal à égal.

Ces pistes montrent qu’au-delà des intentions, c’est surtout la manière de concevoir l’engagement et les coopérations qui doit évoluer, en laissant davantage de place à la souplesse, à l’expérimentation et à la rencontre progressive.

Nous remercions l’ensemble des participants, des personnes interviewées et des associations présentes pour la richesse de leurs échanges et leur contribution à cette réflexion collective.

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